« Un sentiment de libération » : faire campagne en dehors des grands partis
Sarah Jama, Bobbi Ann Brady et Belinda Karahalios ont des idées et des parcours politiques bien différents, mais quand on les interroge sur leurs motivations, ces candidates tiennent le même discours. Toutes trois aspirent à représenter « la voix d’une communauté » plutôt que celle d’un chef, et toutes trois évoquent un sentiment de « libération » depuis qu’elles sont sorties des grands partis ontariens. C’est d’abord sous la bannière néo-démocrate que Sarah Jama est entrée à Queen’s Park en 2023, remportant facilement ce château fort du parti, autrefois représenté par l’ancienne cheffe Andrea Horwath. Elle est expulsée de son caucus quelques mois après sa victoire, en raison de déclarations sur la guerre entre Israël et le Hamas. Depuis, la candidate insiste sur l’importance de sortir de la Sarah Jama a d'abord été élue sous la bannière du NPD lors d'une élection partielle en 2023, puis a été exclue du caucus. Photo : Radio-Canada / Hugo Levesque Bobbi Ann Brady avait suivi le chemin tout tracé pour représenter les progressistes-conservateurs dans Haldimand–Norfolk. Pendant plus de 20 ans, elle a travaillé pour le député de la circonscription, Toby Barrett. Quand celui-ci décide de prendre sa retraite, il pense naturellement à elle pour la remplacer au scrutin de 2022. Mais le parti a les yeux sur un autre candidat, qu’il choisit à ses dépens. Qu’à cela ne tienne, Bobbi Ann Brady se présente à son compte… et gagne avec plus de 35 % des voix. Elle réalise alors un exploit, en devenant la première femme à se faire élire comme indépendante sans n'avoir jamais remporté une élection sous la bannière d’un grand parti auparavant. Bobbi Ann Brady espère se faire réélire dans la circonscription de Haldimand-Norfolk. Photo : Radio-Canada / Hugo Levesque Il a fallu travailler beaucoup plus fort pour en arriver là, affirme-t-elle. Bobbi Ann Brady mise sur son expérience à Queen’s Park ces trois dernières années pour convaincre les citoyens de lui faire de nouveau confiance. La candidate indépendante mise sur son expérience comme députée à Queen's Park depuis 2022. Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy Bobbi Ann Brady admet qu’en tant qu’indépendante sous un gouvernement majoritaire, elle n’a pas d’impact sur l’adoption des projets de loi. Abonnez-vous à l’infolettre Ontario. Belinda Karahalios a aussi l’impression d’avoir été une députée plus efficace lorsqu'elle est passée du côté des indépendants. Élue à Cambridge en 2018 aux côtés des progressistes-conservateurs, elle est exclue de son parti en 2020 après avoir voté contre un projet de loi de son gouvernement qui permettait de modifier ou de prolonger les décrets d'urgence pendant la pandémie. Par la suite, Belinda Karahalios fonde avec son mari une nouvelle formation politique, le Nouveau Parti bleu, enregistrée auprès d’Élections Ontario depuis 2021. Défaite aux élections de 2022, elle tente à nouveau de se faire élire. Belinda Karahalios retente sa chance sous la bannière du Nouveau Parti bleu, qu'elle a fondé avec son mari. Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Belinda Karahalios Le Nouveau Parti bleu est l’une des 20 formations politiques à être représentées aux élections ontariennes de 2025. Au dernier scrutin général, le parti avait recruté des candidats dans chacune des 124 circonscriptions, mais il n’en présente que 108 cette fois-ci, étant donné Malgré le manque de préparation, elle croit que son parti a une Dans cette campagne, elle souhaite avant tout rappeler aux citoyens qu’ils peuvent voter pour une personne, pas uniquement pour un parti. Ces trois politiciennes croient en leur cause, même si les pronostics ne jouent pas en leur faveur. L’agrégateur de sondages 338Canada projette, dans le meilleur des scénarios, la victoire d’un seul candidat qui ne relève pas des quatre principaux partis.J’ai voté pour le NPD toute ma vie
, lance un petit commerçant de Hamilton à l’équipe de campagne de Sarah Jama, venue le convaincre d’appuyer une candidate indépendante cette fois-ci. La politique de partis vous met dans des boîtes, mais je crois qu’on peut bien plus collaborer en dehors de ces limites
, rétorque Mme Jama.politique clivante
. C’est toujours un parti contre un autre, et on n’a pas vraiment le temps de parler de bonnes idées
, répète-t-elle dans une vidéo publiée à quelques jours du scrutin.
La voie à suivre, c’est de voir davantage d’indépendants élus, qui représentent leurs régions, qui peuvent avoir des conversations difficiles, s’en tenir à leurs principes.
Beaucoup plus de travail

Quand vous êtes avec les progressistes-conservateurs, tout vous est servi sur un plateau, on vous remet votre plan de match. En tant qu'indépendant, vous devez développer vous-même ce plan de match. Et vous partez avec zéro argent.
En 2022, personne ne connaissait vraiment l’histoire, il fallait expliquer aux gens pourquoi je me présentais, et pourquoi comme indépendante. Depuis, j’ai eu le temps de prouver l’importance d’une voix indépendante.
Je ne suis pas là pour rester sur l’arrière-ban, pour hocher la tête et applaudir comme un phoque bien dressé. Et je dis aux gens que je ne passe pas de temps à Queen’s Park si ce n’est pas nécessaire. Si on passe d’innombrables heures à débattre d’enjeux qui sont très centrés sur Toronto par exemple, qui ne concernent pas Haldimand–Norfolk, je retourne à la maison pour avoir des rencontres ici, participer aux événements locaux.

En fait, ça vaut pour quiconque est dans l’opposition, notre vote ne compte pas.
Là où elle peut se démarquer, selon elle, c’est lorsqu’elle a l’occasion de participer à la période de questions et ainsi attirer l’attention sur certains sujets.Infolettre Ontario
La base de la politique
J’étais capable de faire bouger l’aiguille simplement en posant des questions.
Vous n’aviez pas le droit de voter comme vous le vouliez. Vous deviez voter comme Doug Ford
, lâche-t-elle.
Beaucoup de gens ont perdu espoir dans la politique parce que peu importe si ce sont les libéraux ou les conservateurs, ils ne voient pas de changement. Le changement est dans les visages des gens ou la couleur du veston qu’ils vont porter.
la nature hâtive
de cette campagne, regrette Mme Karahalios.plus grande exposition
aujourd’hui. Depuis 2022, il y a eu plusieurs partielles en Ontario et nous avons eu des candidats chaque fois. Quelqu’un m’a dit l’autre jour : j’ai vu votre nom sur le bulletin en 2022 et je le vois encore, j’ai décidé de m’intéresser à vous.
C’est comme ça qu’on devrait faire de la politique.
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